
La saison 2026-2027 de l’Opéra national de Paris compte 7 nouvelles productions si l’on inclut la production de l’Académie, deux œuvres contemporaines, un must du répertoire français, deux Mozart, un Wagner qui va conclure le Ring de la maison.
Disons d’emblée que cela ne fait pas rêver. L’impression est qu’une intelligence artificielle ou son ombre a calculé le nombre de femmes et d’hommes, le moderne et le classique pour le bon équilibre, et surtout a nettement contribué à aplatir tout relief possible.
Que sur sept productions nouvelles, que deux soient dédiées à Mozart est un bien, que l’une des deux soit Don Giovanni est encore la trace des errances de cette maison qui avait une production forte et réussie, celle de Michael Haneke, que même Nicolas Joel avait conservée (c’est dire…) et l’a remplacée par une production nulle signée Ivo van Hove, si bien qu’on en a programmée vite fait en 2023 une troisième (empruntée à Salzbourg et Berlin) signée Claus Guth qui pouvait être encore prêtée à Paris quelques années. Die Entführung aus dem Serail est bien plus nécessaire, mais là, vu les contextes politiques, on a peur. Ce n’est pas le courage qui étouffe la direction de cette maison, on l’avait compris.
Deuxième errance, une nouvelle production de Werther, qu’on a vu récemment au TCE, et à l’Opéra-Comique. Était-il si nécessaire de remiser la production (médiocre) de Benoît Jacquot de 2010 ? Ou ne pouvait-on pas essayer un Massenet plus rare ?
Pas à l’Opéra de Paris, où l’on veut remplir les salles, seul credo de politique artistique.
Reste Götterdämmerung qui clôt ce Ring un peu souffreteux, une création d’Hèctor Parra et un spectacle inaugural sur Joséphine Baker importé d’Amsterdam (dans le cadre d’Opera Forward) signé Peter Sellars : la modernité est sauve.
NOUVELLES PRODUCTIONS
| Date | Sept. 2026 |
| Lieu | Garnier |
| N/Rep | 8 |
| Compos. | Tishawn Sorey |
| Titre | Perle noire : Méditation pour Joséphine |
| MeS | Peter Sellars |
| Dir.mus. | Tishawn Sorey/International Contemporary Ensemble |
| Cast | Julia Bullock |
La saison s’ouvre sur un spectacle créé en 2016, aux USA, qui devait passer par le Châtelet, et qui COVID oblige, a finalement été présenté d’abord à Amsterdam en 2023 dans le Festival OFF (Opera Forward Festival) pour arriver à Paris aujourd’hui, mais à l’Opéra. Spectacle mêlant danse, musique chant avec petit orchestre, ce portrait de Joséphine Baker est mis en scène par Peter Sellars. Quoi qu’on puisse penser de l’évolution actuelle du metteur en scène, eu égard à son rôle éminent dans l’histoire de la mise en scène contemporaine, aucun de ses travaux n’est à négliger. Mais la forme particulière, la nature du projet appelaient sans doute une autre manière de la mettre en valeur que de l’insérer dans la saison comme n’importe quel autre opéra. C’est un des signes de l’absence totale de ligne artistique de la maison actuellement. Programmation semble signifier « cases vides à remplir ».
| Date | Oct. 2026 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 3 |
| Compos. | Richard Wagner |
| Titre | Götterdämmerung |
| MeS | Calixto Bieito |
| Dir.mus. | Pablo Heras-Casado |
| Cast | Wilson, Schager, Mullighan, Kränzle etc… |
Dernier volet du Ring parisien, signé Calixto Bieito et dirigé par Pablo Heras-Casado. L’entreprise ne fait pas l’unanimité, semble aussi peser sur la maison comme un boulet qu’on traine. Je ne suis pas certain qu’après les deux présentations du cycle en novembre, on le reverra de sitôt. Dans la distribution, on aurait aimé Kränzle en Alberich plutôt que le pâle Mullighan, quant à Schager, on connaît bien. Pour le reste…
| Date | (A)Janv- fév 2027 /(B) Mai-juin 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | (A)10 (11) /(B) 10 |
| Compos. | W.A Mozart |
| Titre | Don Giovanni |
| MeS | Louisa Proske |
| Chef | (A)Finnegan Downie Dear/(B) Stéphanie Childress |
| Cast | A : Mattei, Zámečnikova, Bloom, Pati, Youn, Stucker B : Luciano, De Bique, Bloom, Latu, Tsymbalyuk, Erraught |
Après Haneke, Van Hove, Guth, les aventures de Don Giovanni continuent à Paris, sans qu’on soit persuadé de la nécessité d’une nouvelle production d’une œuvre qu’on a vue souvent. Mais visiblement, c’est sa valeur tiroir-caisse qui attire, au vu des 20 représentations programmées. Louisa Proske est une metteuse en scène britannique qui émerge et à Paris on adore toutes les figures anglo-saxonnes, chefs, chanteurs, metteurs en scène. Deux chefs jeunes, Finnegan Downie Dear qui avait beaucoup intéressé dans le Billy Budd retravaillé par Oliver Leith et Ted Hufmann à Aix, et qui vient de rediriger l’œuvre de Britten à Lyon avec un énorme succès, apparaît comme un des chefs très intéressants de la nouvelle génération. La seconde série sera dirigée par Stéphanie Childress, cheffe franco-britannique primée au concours la Maestra . Dans les distributions, notons surtout le retour de Peter Mattei en Don Giovanni et la Anna de Slavka Zámečnikova. J’ai plus de doutes sur Jeanine De Bique qui reprend Anna dans la seconde série. Pour découvrir de nouvelles figures, c’est un spectacle à voir
| Date | Févr/mars 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 10 (11) |
| Compos. | Jules Massenet |
| Titre | Werther |
| MeS | Robert Carsen |
| Dir.mus. | Nathalie Stutzmann |
| Cast | Bernheim/Vermot-Desroches, Bintner, Naouri, Akhmetschina |
Tout comme Don Giovanni, une nouvelle production de Werther ne s’imposait pas, on en a tant vu ces dernières années à Paris. Mais il faut faire du chiffre et des entrées. Distribution solide, avec un ténor qu’on ne présente plus et un jeune peut-être intéressant à entendre, Léo Vermot-Desroches et la Charlotte d’Aigul Akhmetschina, l’une des mezzo-sopranos les plus en pointe aujourd’hui. Carsen nous fera comme toujours de la modernité propre et acceptable pour des reprises ad vitam aeternam, et Nathalie Stutzmann au pupitre promet sans doute un beau succès.
| Date | Mars 2027 |
| Lieu | Athénée |
| N/Rep | 6 |
| Compos. | Monteverdi/Strozzi/Fénelon |
| Titre | Ce qui brûle en silence |
| MeS | Victoria Sitjà |
| Dir.mus. | – |
| Cast | Académie |
La traditionnelle production de l’Académie, qui mêle des compositeurs baroques et le contemporain Philippe Fénelon, dans le cadre intime de l’Athénée. L’Académie de la Scala ose un spectacle dans la grande salle autour d’une œuvre du répertoire, pour une série de représentations. Paris n’a pas cette confiance-là, hélas.
| Date | Avril-Mai 2027 |
| Lieu | Garnier |
| N/Rep | 7 (8) |
| Compos. | Hèctor Parra |
| Titre | Miroir de nos peines |
| MeS | Mariame Clément |
| Dir.mus. | Ingo Metzmacher |
| Cast | Santoni, Vermot-Desroche, Melrose, Naouri… |
On avait émis des doutes sur Justice, vu à Genève dans la production de Milo Rau, Orgia dans une production de Calixto Bieito à Bilbao avait été plus favorablement accueilli. Belle distribution et très bon chef sont de belles promesses musicales mais Mariame Clément est en général moins convaincante. Hèctor Parra s’empare du roman homonyme de Pierre Lemaître et des années 1940 et cela pourrait être passionnant. Acceptons-en l’augure.
| Date | Mai 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 8 (9) |
| Compos. | W.A.Mozart |
| Titre | Idomeneo |
| MeS | Wajdi Mouawad |
| Dir.mus. | Antonello Manacorda |
| Cast | Clayton, Desandre, Wallroth, Dreisig |
Deuxième nouvelle production dédiée à Mozart, avec Idomeneo dont la dernière représentation remonte à 2010 dans la production Luc Bondy (2006). Cette fois-ci, la nouvelle production se justifie, elle a été confiée à Wajdi Mouawad, dont les mises en scène d’opéra n’ont pas vraiment convaincu mais qui reste un phare intellectuel et un homme de théâtre. Distribution correcte dominée par l’Idomeneo du remarquable Allan Clayton. Mais pourquoi, alors qu’il y a tant de chefs possibles, se fixer encore sur Antonello Manacorda, qui n’est jamais convaincant dans Mozart ? Parce qu’il a travaillé avec Mouawad sur Pelléas ? Encore des errances dans la (non) politique artistique
REPRISES
Hors Ring (deux séries en novembre), on compte un gala et dix productions reprises, dont six tiroir-caisse (Il Barbiere di Siviglia, Turandot, Trovatore, L’Elisir d’Amore, Roméo et Juliette, Don Pasquale), certaines usées jusqu’à la corde, et deux reprises de spectacles historiques de la maison (Katia Kabanova et Lady Macbeth de Mzensk) à revoir absolument ainsi que l’Hamlet récent de Warlikowski, mais sans Tézier, et La Clemenza di Tito signée Willy Decker en 1997, sous l’ère Hugues Gall, régulièrement reprise quand on avait vu sous Mortier la prodigieuse production des Hermann, trop intelligente pour la maison sans doute.
| Date | Sept-Nov 2026 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 14 |
| Compos. | Gioachino Rossini |
| Titre | Il Barbiere di Siviglia |
| MeS | Damiano Michieletto |
| Dir.mus. | Jader Bignamini/François López Ferrer |
| Cast | Swanson/Lovell, Desandre/Viotti, Montague-Rendall/Filończyk |
À part Filończyk en Figaro qui a fait ses preuves dans ce répertoire et Jack Swanson en Almaviva le reste de la distribution me paraît un peu bancal, Marina Viotti a une voix magnifique et qui s’est étoffée, un peu large peut-être pour Rosina, Desandre est très musicale et subtile, mais la voix est peut-être un peu en dessous du nécessaire, surtout à Bastille. Pour le chef, privilégier Jader Bignamini, que je trouve excellent chef. La mise en scène tout le monde l’a vue, revue et digérée… alors…
| Date | Sept-oct 2026 |
| Lieu | Hamlet |
| N/Rep | 8 |
| Compos. | Ambroise Thomas |
| Titre | Hamlet |
| MeS | Krzysztof Warlikowski |
| Dir.mus. | Michael Schønvandt |
| Cast | Osborn, Zaharia, Margaine, Teitgen etc… |
Distribution complètement changée pour cette reprise de l’Hamlet particulièrement réussi de Krzysztof Warlikowski, avec un ténor (John Osborn) et pas un baryton. Étrange choix de chef, mais sans doute aucun chef français ne sait diriger Ambroise Thomas. (Non) politique artistique, quand tu nous tiens…
N’importe, la production est si puissante qu’on ira. Évidemment.
| Date | Novembre 2026 (R1 : 6, 7, 10, 13/11 et R2 : 15, 17, 19, 22/11) |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 2*4 |
| Compos. | Richard Wagner |
| Titre | Der Ring des Nibelungen |
| MeS | Calixto Bieito |
| Dir.mus. | Pablo Heras-Casado |
| Cast | Wilson, Maltman, V.der Heever, Barbeyrac, Schager, Mullighan, Lemieux etc… |
Dans n’importe quel théâtre d’opéra, monter un Ring est un investissement. À Paris, c’est un aboutissement et quand il est monté, on dit ouf et on l’oublie. Le seul Ring complet ayant fait l’objet d’une production achevée depuis 1976 est celui de Günter Krämer, représenté en 2013 dans sa complétude. Et c’est tout. Le dernier Ring complet le fut en version de concert (Jordan) en 2020.
C’est donc – il faut le noter – le second Ring complet achevé et produit depuis 1976. Je ne suis pas sûr vu l’accueil réservé à la production Bieito qu’il sera repris dans le futur. Et pourtant, le fait d’avoir un Ring au répertoire permet de le reprendre de loin en loin avec des chefs et des distributions différentes, même si on ferme les yeux sur les productions quelquefois médiocres, comme celle de Vienne confiée à Sven-Eric Bechtolf. En cela un Ring est un investissement, qui réunit toujours du public.
Qui vivra verra.
| Date | Nov./Déc. 2026 |
| Lieu | Garnier |
| N/Rep | 10 |
| Compos. | W.A. Mozart |
| Titre | La Clemenza di Tito |
| MeS | Willy Decker |
| Dir.mus. | Harry Bicket |
| Cast | Breslik/Polenzani, H-E Müller, Wallroth, D’Angelo |
Mortier avait présenté à Paris comme précisé plus haut la production bruxelloise et salzbourgeoise des Herrmann, une des pierres miliaires de la mise en scène d’opéra depuis les années 1980. Mais on préfère celle de Willy Decker, qui remonte à la fin des années 1990, sans doute plus simple.
Distribution solide avec l’alternance de deux bons ténors, Pavol Breslik et Matthew Polenzani et surtout Emily D’Angelo en Sesto. Chef sans intérêt qu’on aime bien à Paris et qui avait endormi Ariodante sous des litres de bromure.
| Date | Nov./Déc. 2026 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 11 |
| Compos. | Giacomo Puccini |
| Titre | Turandot |
| MeS | Robert Wilson |
| Dir.mus. | Eun Sun Kim |
| Cast | V.der Heever/Pirozzi, Eyvazov, Gonzales/Reyes, Tsymbalyuk etc… |
Du pur répertoire, sans grand intérêt. Pirozzi est une voix pour le rôle, Gonzalès aussi mais pas V. der Heever, hors de propos. Eun Sun Kim est bonne cheffe qu’on voit dans tous les théâtres US et européens pour des reprises italiennes.
| Date | Janv/fév 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 13 |
| Compos. | Giuseppe Verdi |
| Titre | Il Trovatore |
| MeS | Alex Ollé |
| Dir.mus. | Timur Zangiev |
| Cast | Wilson/Hernandez, Matochkina, Kelsey/Rucinski, Eyvazov/G.Hugh Jones |
Si une fois, même dans cette production sans intérêt, l’Opéra de Paris osait la version en français « Le Trouvère », faite par Verdi ad hoc pour Paris, on se dirait, « tiens ils ont eu une petite lumière… »
Mais non, à l’Opéra de Paris on n’ose pas parce que je crois, on ne sait pas donner dans le raffinement, ni même avoir une vraie idée pour cette maison, devenue un boulevard périphérique de l’opéra. Alors on sert un Trovatore de mauvaise série avec des chanteurs au mieux d’intérêt moyen, le pompon étant Quinn Kelsey, baryton qu’on nous sert dans Verdi qu’il ne sait pas chanter ou Iulia Matochkina, meilleure dans Wagner que dans Verdi pour qui elle n’a ni la voix, ni le phrasé.
Si vous avez envie de jeter de l’argent, allez-y
| Date | Janv/fév 2027 |
| Lieu | Garnier |
| N/Rep | 7 |
| Compos. | Leoš Janáček |
| Titre | Katia Kabanova |
| MeS | Christoph Marthaler |
| Dir.mus. | Simone Young |
| Cast | Winters, Daszak, Soffel, Panikkar etc… |
La production est historique, l’une des plus marquantes de l’œuvre crée sous l’ère Mortier à Salzbourg et reprise ensuite à Paris. Qui ne l’a pas vue doit impérativement la voir, et qui l’a vue n’a qu’une envie, la revoir. La distribution est somptueuse, avec la Katia du moment Corinne Winters, Doris Soffel en Kabanicha, et Sean Pannikar en Boris. Mais quand on a tant d’atouts, on cherche plutôt un valeureux chef idiomatique (Jindra, Popelka etc…). Ici on va chercher la solide Simone Young, correcte pour Wagner ou Strauss, pas vraiment connue pour Janáček et soutenue par une puissante agence autrichienne. Encore cette (Non) politique artistique.
| Date | 23 Février 2027 |
| Lieu | Garnier |
| N/Rep | 1 |
| Compos. | Wagner, Verdi, Berlioz, Puccini |
| Titre | Gala Régine Crespin |
| MeS | Yves Lenoir |
| Dir.mus. | Nathalie Stutzmann |
| Cast | Radvanovsky, Desandre, Barbeyrac, Rebeka, Tézier, Gubanova |
Un grand gala Régine Crespin, c’est une excellente idée vu quelle cantatrice elle fut. Dommage que le public de l’opéra de Paris l’ait détestée… comme il détestait Georges Prêtre, ou comme il hua Jane Rhodes… Sic transit…
| Date | Mars 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 6 |
| Compos. | Dimitri Chostakovitch |
| Titre | Lady Macbeth de Mtsensk |
| MeS | Krzysztof Warlikowski |
| Dir.mus. | Ingo Metzmacher |
| Cast | Stundyte, Ulyanov, Palchykov, Cernoch etc..; |
Tout comme Katia Kabanova, cette production appartient à la mémoire vive de l’opéra d’aujourd’hui, transcendée comme en 2019 pour la première série, par Aušrinė Stundytė. Mise en scène exceptionnelle, distribution excellente, chef de tout premier ordre. Cette fois-ci tous les atouts sont réunis. Il faut y aller pour voir et pour revoir, à l’infini.
À noter que ce titre a toujours bénéficié à Paris de productions de bon niveau, André Engel ou Martin Kušej, mais avec Warlikowski, on atteint un sommet.
| Date | Mars-Avril 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 7 |
| Compos. | Gaetano Donizetti |
| Titre | L’Elisir d’amore |
| MeS | Laurent Pelly |
| Dir.mus. | Evelino Pidò |
| Cast | Yende, Barbera, Maestri, Luciano |
On retombe dans le train-train du répertoire tiroir-caisse, avec un chef de bonne routine, et une distribution correcte.
| Date | Juin/juil. 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 12 |
| Compos. | Charles Gounod |
| Titre | Roméo et Juliette |
| MeS | Thomas Jolly |
| Dir.mus. | Fabien Gabel |
| Cast | Edris/Sierra, Pati/Flórez, Henric, Teitgen |
Reprise de la nouvelle production de 2023, dirigée par l’excellent Fabien Gabel, avec une double distribution où il faut privilégier le couple Nadine Sierra/Juan Diego Flörez. Là où Flórez passe, aujourd’hui encore, il ne faut pas le rater. Pene Pati est un excellent ténor, mais Amina Edris est un soprano moyen qui n’existe qu’en tant qu’épouse de Pene Pati…
Pour le reste, on remarque encore les hésitations à reprendre le Faust de Tobias Kratzer, trop intelligent sans doute.
| Date | Juin/juil 2027 |
| Lieu | Bastille |
| N/Rep | 11 |
| Compos. | Gaetano Donizetti |
| Titre | Don Pasquale |
| MeS | Damiano Michieletto |
| Dir.mus. | Speranza Scappucci |
| Cast | Priante, Brownlee, Kulchynska, Spagnoli |
Pour clore l’année et marquer la période touristique, un Don Pasquale tiroir-caisse solidement dirigé et distribué.
Conclusions :
Une saison assez fade, assez terne, sans véritable stimulation sinon les trois reprises de productions de haut niveau que sont Katia Kabanova, Hamlet, Lady Macbeth de Mtsensk.
Ce qui désole à Paris, c’est l’absence d’audace, l’absence de ligne artistique claire, l’absence de raffinement dans les recherches de nouvelles voies et nouvelles voix. Il n’y a pas de direction artistique, mais des remplisseurs de cases qui se servent dans les agences, sans imagination, sans goût, sans rien qui permette de faire de Paris une place culturellement attirante : un supermarché de l’opéra qui ne sert guère plus que du réchauffé, si l’on excepte quelques tentatives réussies comme la récente production de Satyagraha de Philip Glass. Alexander Neef est arrivé pour calmer les eaux agitées, pour faire en sorte que l’Opéra ne soit plus objet de polémiques mais aussi remettre de l’ordre financier. Soit, mais au prix d’être devenu le bel endormi.
C’est triste, mais heureusement certaines scènes régionales compensent par leur vitalité et leur inventivité, sans disposer cependant des moyens considérables de notre première scène nationale. Comme dit Faust « passez, passez votre chemin »…
